Mobican fête ses 30 ans!

Le 3 février a marqué le 30e anniversaire de mobican. Un article rédigé par monsieur Charles Poulin, a été publié dans l’hebdomadaire Le Canada Français, pour souligner l’événement. Le voici:

Créée il y a 30 ans, Meubles Mobican continue d’avoir le vent dans les voiles. L’entreprise de Saint-Jean-sur-Richelieu, spécialisée dans le design, la fabrication et le placage de meubles en bois destinés aux résidences, a vu ses ventes augmenter de 30% au cours des deux dernières années. Une tendance qui se poursuivra, estiment les dirigeants tout en précisant qu’ils ont investi plus de 1 M$ en équipement depuis 12 mois.

Il y a eu 30 ans, le 3 février dernier, que la famille Selmay a pris le relais de la PME située sur la rue Aubry, tout juste en face de l’Atelier industriel. Les lecteurs les plus expérimentés se souviendront que l’entreprise s’appelait à l’époque Meubles Colibris. En procédant à l’acquisition, Patrick Selmay, qui avait démarré dans l’entreprise en y passant le balai, a décidé de la renommer Meubles Mobican.

Meubles Mobican est aussi une affaire de famille. Depuis quelques années, ses fils Mathieu et Nicolas se sont joints à lui et ont entrepris le processus de transfert. Et le père de Patrick Selmay, Bruno, vient encore faire régulièrement son tour à l’usine à l’âge de 82 ans.

STRATÉGIE

L’entreprise a élaboré sa stratégie d’affaires sur la fabrication et la vente de produits basés sur la qualité et le design, note Patrick Selmay. Meubles Mobican vend ses mobiliers de salon, salle à manger et chambre à coucher un peu partout en Amérique du Nord, mais a décidé de viser des détaillants indépendants comme Corbeil, JC Perreault, Mobilia ou, ici à Saint-Jean, Bouvreuil, qui offrent des produits d’une qualité supérieure. Les plus gros clients ont une douzaine de magasins, confie M. Selmay.

«Notre force, c’est d’être trois ingénieurs qui ont travaillé dans l’usine et qui connaissent les limitations des machines, explique-t-il. Nous maîtrisons la technique, mais aussi le design et le placage, ce qui nous permet d’unir tout ça ensemble.»

AFFAIRES

L’industrie québécoise du meuble se porte bien, indique Patrick Selmay. Il y a deux ou trois gros joueurs qui emploient plus de 500 personnes, une douzaine entre 50 et 500 et plusieurs autres de moins de 50, comme Meubles Mobican qui fait travailler 45 personnes dans son usine de 40 000 pieds carrés. Au total, le secteur représente 30 000 emplois dans la province, ce qui en fait un des principaux domaines d’activités au Québec.

L’entreprise johannaise a réussi à se trouver une niche, notamment grâce au placage qu’elle réalise à l’intérieur de ses murs, ce qui lui permet de livrer du «sur- mesure» à sa clientèle.

«Les fabricants chinois se concentrent sur la production à grand volume, explique Patrick Selmay. On ne pouvait rivaliser avec eux. Nous avons donc pris la route des produits personnalisés qui sont disponibles à relativement courte échéance. Ce qui vient de Chine arrive quand même par conteneurs en bateaux. Les délais de livraison sont longs.»

CHIFFRE D’AFFAIRES

Mathieu et Nicolas Selmay parcourent quant à eux le monde à la recherche du meilleur bois disponible sur le marché pour obtenir un placage symétrique et esthétique.

«Notre chiffre d’affaires a explosé au cours des deux dernières années, révèle Mathieu Selmay. On parle de 30% d’augmentation des ventes. L’expansion est due en grande partie aux nouveaux modèles que nous avons récemment développés.»

S’il avoue que plusieurs éléments sont hors de son contrôle, notamment au sud de la frontière, Mathieu Selmay estime que les ventes devraient progresser de 10% à 15% par an au cours des cinq prochaines années. Un des principaux défis de l’entreprise sera de diminuer les délais de livraison en cette ère d’Amazon et de e-Bay où l’on obtient presque tout sur-le-champ.

ALENA

Parmi les choses que Meubles Mobican ne contrôle pas, on retrouve l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). L’entente est actuellement en renégociation. Les entreprises de meubles du pays suivent l’évolution de près.

«Après la mise en place de l’ALENA, les ventes aux États-Unis ont doublé pour les fabricants d’ici, rappelle Patrick Selmay. Il y a encore beaucoup de potentiel là-bas. Mais là, on parle de réinstaurer une taxe douanière de 9,8%. Nos produits deviendraient beaucoup plus dispendieux, et ça aurait un impact compétitif direct même si made in Québec sonne qualité aux oreilles des Américains. Les États-Unis sont une partie importante de notre chiffre d’affaires. Ce serait loin d’être bon de retomber dans un monde de protectionnisme.»